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Depuis le 1 r juin 2018, la bibliothèque d'Ourouer a une nouvelle responsable et son nouveau blog est celui-ci:

jeudi 26 février 2015

LES DERNIERS ACHATS de cette fin février 2015

Voici les nouveaux achats de la bibliothèque en cette fin février 2015


                                                            60 écrivains "nous sommes Charlie"


                                                           "Berezina", Sylvain Tesson



                                                   "Mentir n'est pas trahir", Angela Huth



                                                "Un membre permanent de la famille", Russell Banks


                                               "Prends garde", Milena Angus







lundi 23 février 2015

CUISINONS AVEC LES HUILES ESSENTIELLES, de Marie Borrel



L'auteure, Marie Borrel est journaliste, et collaboratrice de la rubrique santé au magazine Psychologies. Elle a déjà publié "Y a quoi dans mon frigo".
"Cuisinons avec les huiles essentielles" est paru en 2014 aux éditions de La Martinière.

A partir de recettes santé et de vingt et une huiles vraiment essentielles ainsi que des eaux florales elle propose des plats pleins de senteurs et de surprises vraiment tentants.
Par exemple: cette Poêlée de fonds d'artichauts aux pommes vertes, ponctuée d'eau florale de géranium bourbon et d'huile essentielle de romarin.
Chaque recette est complétée d'un conseil de préparation et de précisions sur les vertus des huiles essentielles employées.

BD: GHOST MONEY, par Smolderen et Bertail


A partir d'un scénario, mi science-fiction, mi espionnage, cette série en cinq tomes nous conte l'aventure de plusieurs personnages autour d'un mystérieux trésor.
Le 1er Tome, "la dame de Dubaï" voit entrer en scène, un citoyen kidnappé et torturé qui meurt sans avoir livré son secret, une scène d'embuscade dans un pays en guerre, et puis, vingt ans plus tard, la jeune Lindsay sauvée, lors d'une charge policière au cours d'une manif, par Shamzade, l'héroïne de cette série, dont le cinquième et dernier tome n'est pas encore paru.
http://www.dargaud.com/ghost-money
Un soi-disant trésor d'Al Quaïda, des politiciens, des rebelles, des terroristes, une ou deux histoires d'amour et une action mouvementée qui se situe entre DubaÏ, Londres, Wahington, et l'Orient sont les ingrédients de cette BD.
Les dessins sont aussi travaillés que des scènes d'un film télévisé. On notera les gros plans plongés sur les visages matures et lunettés des miss Feris et autres personnes de pouvoir, d'un certain âge, tandis que les visages plus jeunes sont épurés. On remarquera aussi les arrière plans des villes comme Shangaï. Et puis les engins extraordinaires qui parcourent le ciel. La lumière est rendue soigneusement, on note, particulièrement, les ombres sur les scènes en plein soleil, le dégradé du rayon laser des armes.
L'imaginaire des auteurs, est intensément au service d'un dénouement qui transite par de drôles de personnages dont je ne vous dirai rien- suspens oblige!!!


samedi 14 février 2015

Les éléphants n'oublient jamais





Edité chez Tourbillon, cet album pour enfants écrit par Anushka Ravishankar et illustré par Christiane Pieper et traduit par Marie Odile Fordacq, met en scène un éléphanteau dans une histoire d'amitié et d'adoption.
La première page en noir et blanc cassé montre un éléphanteau avec sa mère et le texte dit que tout est calme dans la grande forêt.
La seconde page voit l'introduction du bleu dans le noir déchiré de la page soumise à la tempête et aux éclairs terrifiants.
Ensuite le bleu est présent dans toutes les pages, un bleu lavande, accompagné du même noir et du blanc-ivoire.
Des évènements terribles ont séparé l'éléphanteau de sa maman, et il est désormais  seul dans la grande forêt.
Il rencontre les autres habitants du monde, des singes bruyants et farceurs, des oiseaux, et des buffles qui, petit à petit l'adoptent, comme compagnon de jeux et puis dans leur groupe. L'éléphanteau prend sa place dans sa famille d'adoption. Il se sent comme eux bien que sa morphologie lui permette de faire des choses différentes, mais tout le monde vit bien ensemble, et il en impose aux tigresdateurs  qui sont  prédateurs de buffles, mais pas courageux devant les éléphants.
Et puis un jour, il rencontre un troupeau d'éléphants...les buffles s'éloignent , lui laissant un choix qu'il n'est pas long à faire. Oui, les éléphants lui ressemblent, mais sa famille..;c'est les buffles.

Une jolie histoire de séparation et d'adoption dans la vaste jungle du monde.



Un livre lu à haute voix aux jeunes lecteurs présents jeudi.

vendredi 30 janvier 2015

Festival de la BD d'Angoulême


Voici le site du festival dans ce lien du 28 janvier au 1er février.

Suivez-y les actualités, les prix décernés, les interviews, les auteurs présents, les manifestations, tout un monde à visiter.
(...J'envie mes collègues, chargés d'achats du secteur BD et festivaliers)












En aparté, je vous propose le reportage sur la grande exposition de Jirô Taniguchi (c'est que je suis fan...), laisse-vous aller de lien en lien à la rencontre ce grand artiste.



.A signaler aussi l'émission "un monde de bulles" sur Public-Sénat à voir et à revoir également en replay

Eric Reinhardt: L'AMOUR ET LES FORETS


Prix Renaudot des Lycéens, prix roman France Télévision, ce roman est sorti en juin 2014.
Ce qu'en dit la presse:
"L'amour et les forêts est une descente aux enfers que l'auteur conte par le menu. Un morceau de bravoure, un récit puissant, Frédérique ROUSSEL.  Libération
"Eric Reinhardt se révèle bouleversant arpenteur des douleurs de l'esprit", Fabienne Pascaut, Télérama

Ce roman , mais est-il un roman?
On dirait le témoignage, écrit par un auteur et publié post mortem, d'une femme victime, comme tant de femmes, hélas, de la perversité d'un conjoint malade, qui a mis en place un lent et inexorable processus de destruction.

L'auteur, se rend à un rendez-vous avec une lectrice après avoir reçu d'elle deux intéressantes  pages de commentaires personnels sur son dernier livre.
Petit à petit, Bénédicte Ombredanne, va se révéler et le faire témoin de sa vie.
A la terrasse d'un café, elle lui raconte sa folle journée de rébellion, deux ans plus tôt, et sa descente aux enfers qui a suivi, aux côtés d'un mari pervers.
L'écriture est sublime, et l'auteur réussit à nous accrocher, malgré la pesanteur des trente premières pages, d'un bloc, parfois lourdes à soutenir...mais l'auteur est devant nous attablé face à Bénédicte Ombredanne, on est derrière lui, tel un spectateur fantômatique qu'il n'ignore pas, et il réussit à se laisser glisser, de sa chaise, petit à petit pour nous laisser, imperceptiblement prendre sa place. De spectateur invisible, derrière la vitre sans tain, il s'efface devant la présence curieuse du  lecteur.Petit à petit,  on oublie l'auteur et le narrateur qui recueille le récit de cette femme. A un moment, on ne sait plus qui parle. Ce n'est plus lui, à la première personne, masculin singulier, c'est elle, féminine, singulière, et on remonte les pages pour savoir à quel moment il a réussi cette prouesse, de nous embarquer avec lui, sur sa chaise, à cette table de café. Et est ce que ce n'est pas une perfidie? Comme on se le demande pour Bénédicte Ombredanne.
Quelle perfidie de ne pas permettre qu'on lâche cette histoire, poignante, enivrante, terrifiante, angoissante, jusqu'au bout. Jusqu'au bout, avec lui, nous, allons participer à cette lente et inexorable destruction .
Combien de femmes ont raconté leurs calvaires avec des maris destructeurs, et ce roman, n'en semble pas un, tellement ces vies de femmes ont le même point commun.
  Néanmoins, Bénédicte Ombredanne, qui, en apparence ne parvient pas à échapper aux perfidies lancinantes et de plus en plus destructrices de son malade de mari, trouve le moyen d'exister  en son rêve, son imaginaire, ce qui est plus fort que la réalité dévastratrice et dont elle sait qu'elle ne finira qu'avec sa mort.

Dans la seconde partie du récit, Eric Reinhardt prète au roman  une couverture plus psychanalytique des personnages: le vécu de chacun est passé au divan, et à cet endroit, encore, Eric Reinhardt échange les places: c'est pourtant lui qui est allongé sur celui de l'esthéticienne, alors que c'est elle qui raconte. Nous qui écoutons, lui qui se relève, elle qui se penche, l'importance des places est à  prendre en compte.
On remarquera, aussi, que l'auteur ne nomme jamais son héroïne autrement que Bénédicte Ombredanne.
On peut s'interroger sur ce choix. Respectant, de ce fait, son choix à elle d'être femme mariée, en la nommant sous son identité civile, sous prétexte de la montrer entière, souligne, en réalité, la révélation  que cet état  n'est que  la partie visible de sa personne. Alors, choisir de nous donner  le récit de ses fantasmes, de son amour et de ses forêts, les plus sombres comme les plus féeriques, la restitue complètement, elle-même, dans ce qu'elle a de plus profond, n'est-ce pas l'empêcher de mourir?

Eric Reinhardt, qui se met en scène, en tant qu'auteur, ponctue sur la place essentielle de l'imaginaire dans nos vies et dans la rébellion possible quand le quotidien ne permet aucune évasion.
C'est donc, finalement, la révélation  post mortem du récit de Bénédicte Ombredanne qui la rend plus vivante.